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Lu : Djemila Zeneidi, Les SDF et la ville (2002)

Djemila Zeneidi propose ici un regard géographique sur la question des sans-domicile fixe et de leurs rapports aux espaces urbains. La ville est d’abord un agglomérat de logements. Dans ce contexte, comment ceux qui n’en ont pas l’habitent-ils ? Marginaux, ils sont pourtant bien des citadins, même si leurs pratiques spatiales dessinent une ville sur l’envers. Djemila Zeneidi propose ainsi de voir les espaces urbains comme des ressources pour les SDF : leur usage de l’espace peut être conforme aux normes sociales qui les régissent et ne révéler que des déambulations pédestres. Mais il arrive parfois qu’un banc devienne lit, qu’un pont devienne abri, et se couplent à un ensemble d’activités qui permettent de “vivre la rue” : pratiques de vente, mendicité, mais aussi moments de convivialités sont autant de pratiques qui floutent les frontières entre espaces publics et espaces domestiques.
La ville est alors dé-rangée et les réactions sont nombreuses, qu’il s’agisse d’actions publiques – visant à les aider à regagner la norme du logement fixe ou à les chasser d’espaces où ils sont considérés comme indésirables – ou individuelles – oscillant entre différents degrés de tolérance, du rejet à l’évitement, en passant par le développement de solidarités.

 

Djemila Zeneidi, 2002, Les SDF et la ville. Géographie du savoir-survivre, Bréal, 288p.

Source image de couverture : Google Books.

Lu : E. Saïd, L’orientalisme. L’Orient crée par l’Occident (1978).

L’orientalisme est l’un des ouvrages fondateurs des études postcoloniales. A partir d’une analyse d’un ensemble d’œuvres littéraires et artistiques, il montre que “l’Orient” n’est qu’une création de “l’Occident”, reflétant la domination politique et culturelle du second sur le premier ainsi qu’un ensemble de processus de dévalorisation, voire de diabolisation d’éléments culturels attribués à l’Orient (langue arabe, islam). Cette approche par les discours et les représentations dominantes révèlent un ensemble de violences symboliques qui sont produites par le processus de dénomination, comme l’explique T. Todorov dans la préface de cette édition : “Le concept est la première arme dans la soumission d’autrui car il le transforme en objet (alors que le sujet ne se réduit pas au concept) délimiter un objet comme “l’Orient” ou “l’Arabe” est déjà un acte de violence”.

 

Edward Saïd, 1978, L’orientalisme. L’Orient crée par l’Occident, (2015 pour la présente édition, trad. C. Malamoud), Seuil, 592p.

source image de couverture : Seuil

Lu : H. Becker, Outsiders. Etudes de sociologie de la déviance (1963)

Pourquoi et comment fumeurs de marijuana ou musiciens de jazz sont catégorisés comme déviants ? Cet ouvrage devenu classique de la sociologie de la déviance a proposé une approche nouvelle lors de sa publication : penser la délinquance et les marginaux comme des déviants. L’originalité de l’approche repose ici sur la prise en compte tant du point de vue des déviants tant que celui des “entrepreneurs de morale”. Ils sont des acteurs qui cherchent à influencer un groupe, dans le but de lui faire adopter une norme (créateurs de normes) ou de les maintenir (défenseurs de normes).

  L’ouvrage est disponible ici.

 

Howard S. Becker, 1963 (1985 pour la présente édition, trad. J-P. Briand et J-M. Chapoulie) Outsiders. Etudes de sociologie de la déviance, Métaillé, 250p. 

source image de couverture : Métaillé.

Journée d’étude : Penser les altérités

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Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le descriptif de l’évènement et le programme détaillé ici : Penser les altérités_descriptif

Vous pouvez vous y inscrire ici

En espérant vous y retrouver nombreux.ses !

 

 

Présentation : rencontres méthodologiques

Choisir pour objet d’étude des populations ou des groupes marginalisés, faisant l’expérience quotidienne de leur différence ou de leur caractère minoritaire implique-t-il de travailler différemment ?

De manière transversale, la question de l’accès à des voix minoritaires ou subalternes peut poser problème en sciences sociales. Espaces isolés, populations vulnérables psychologiquement, groupes en situation illégale, mais aussi sources difficilement accessibles dans le cas d’un travail sur des peuples sans écriture sont autant d’exemples des difficultés des démarches de recherche s’intéressant aux groupes altérisés ou marginalisés.

Au delà de la question de l’accès, avoir pour objet des groupes marginalisés implique également de veiller à penser son objet de recherche plutôt comme un sujet, et souvent, de ne pas travailler “sur” mais “avec”, en évitant de faire du chercheur un démiurge tout puissant producteur d’un savoir dont les principaux intéressés ne voient pas l’intérêt. Dès lors, deux enjeux apparaissent.  D’une part, comment mettre en œuvre une recherche qui se veut éthique, veillant à ne pas blesser, ni endommager les situations  dans lesquelles se trouvent les enquêtés ? D’autre part, comment faire en sorte que la question ayant un intérêt scientifique puisse avoir une traduction plus politique, tant en matière d’utilité que de juste retour aux populations interrogées ?  Tout processus de recherche étant également un phénomène social, chercheur et chercheures se doivent d’éviter de reproduire des rapports de pouvoir qu’il et elles prétendent étudier – et d’amoindrir l’asymétrie des rapports sociaux à laquelle certaines méthodes de recherche peuvent conduire.

Ce sont ces thématiques que nous souhaitons aborder au sein de ces rencontres méthodologiques. Organisées un fois par mois à l’ENS de Lyon selon la logique de l’atelier de recherche, elles proposent de faire se rencontrer des chercheurs jeunes et expérimentés dont les recherches touchent d’une manière ou d’une autre les problématiques de l’altérité. Les séances respecteront le modèle suivant : après une intervention d’un.e invité.e présentant ses recherches, l’objectif sera d’organiser un débat avec les présent.es pour discuter la présentation, au regard des expériences et sujets de chacun et chacune.

 

 

Altérités fait sa rentrée !

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Le labo junior Altérités fait sa rentrée !

Tu es sociologue, historien.ne, biologiste, géographe, littéraire, physicien.ne ou encore philosophe et l’étude des processus de catégorisations sociales, de mise à distance ou d’identité t’intéressent ? Tu es nouvel.le à l’ENS et tu cherches à t’engager ?

Concrètement, participer au montage d’un festival de cinéma, organiser une journée sur l’altérité chez les Xmen devant des lycéens ou des collégiens ? Tu souhaites partager tes lectures sur les thèmes des marginalités, des altérités et fabrique de catégories sociales lors des #vendredilecture sur Twitter et Facebook ? Lors de cette réunion de rentrée, tu obtiendras plus d’informations sur les activités du labo junior, et tu pourras également te joindre à nous si le cœur t’en dit.
La réunion aura lieu le 28 septembre à 13h, en salle D2-115, à l’ENS Lyon (site Descartes).

 

Bienvenue !

Vous trouverez ici des informations relatives aux activités scientifiques du laboratoire junior de l’ENS Lyon, Altérités Marginalités Catégorisations.

Vous pouvez également nous retrouver sur Facebook et Twitter, avec chaque vendredi un conseil de lecture, et plus ponctuellement, des actualités en lien avec nos thématiques de recherches : expositions, séminaires et conférences.