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Présentation : rencontres méthodologiques

Choisir pour objet d’étude des populations ou des groupes marginalisés, faisant l’expérience quotidienne de leur différence ou de leur caractère minoritaire implique-t-il de travailler différemment ?

De manière transversale, la question de l’accès à des voix minoritaires ou subalternes peut poser problème en sciences sociales. Espaces isolés, populations vulnérables psychologiquement, groupes en situation illégale, mais aussi sources difficilement accessibles dans le cas d’un travail sur des peuples sans écriture sont autant d’exemples des difficultés des démarches de recherche s’intéressant aux groupes altérisés ou marginalisés.

Au delà de la question de l’accès, avoir pour objet des groupes marginalisés implique également de veiller à penser son objet de recherche plutôt comme un sujet, et souvent, de ne pas travailler “sur” mais “avec”, en évitant de faire du chercheur un démiurge tout puissant producteur d’un savoir dont les principaux intéressés ne voient pas l’intérêt. Dès lors, deux enjeux apparaissent.  D’une part, comment mettre en œuvre une recherche qui se veut éthique, veillant à ne pas blesser, ni endommager les situations  dans lesquelles se trouvent les enquêtés ? D’autre part, comment faire en sorte que la question ayant un intérêt scientifique puisse avoir une traduction plus politique, tant en matière d’utilité que de juste retour aux populations interrogées ?  Tout processus de recherche étant également un phénomène social, chercheur et chercheures se doivent d’éviter de reproduire des rapports de pouvoir qu’il et elles prétendent étudier – et d’amoindrir l’asymétrie des rapports sociaux à laquelle certaines méthodes de recherche peuvent conduire.

Ce sont ces thématiques que nous souhaitons aborder au sein de ces rencontres méthodologiques. Organisées un fois par mois à l’ENS de Lyon selon la logique de l’atelier de recherche, elles proposent de faire se rencontrer des chercheurs jeunes et expérimentés dont les recherches touchent d’une manière ou d’une autre les problématiques de l’altérité. Les séances respecteront le modèle suivant : après une intervention d’un.e invité.e présentant ses recherches, l’objectif sera d’organiser un débat avec les présent.es pour discuter la présentation, au regard des expériences et sujets de chacun et chacune.

 

 


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Marine Duc (23 septembre 2017). Présentation : rencontres méthodologiques. Altérités. Consulté le 16 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/az8t


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